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DAF 55 variomatic

Le circuit de REFROIDISSEMENT - le remplacement de la POMPE à EAU
 
La premier symptôme, je n'ai pas su l'analyser. J'ai commencé par remarquer une toute petite tâche sous la voiture. La DAF 55 n'étant pas forcément garée pile à la même place et dans le même sens, j'ai d'abord cru à une fuite d'huile du boîtier inverseur. Ensuite, le démarreur semblait peiner à entraîner le moteur. Cette fois-ci, j'ai émis des doutes sur la bonne forme de la batterie. J'ai aussi remarqué un bruit au ralenti moteur froid. Là, j'ai pensé à la ligne d'échappement qui devait frotter sur la coque. Puis, en laissant monter le moteur en température, j'ai remarqué que cet étrange bruit ressemblait à celui d'un roulement en manque de graisse. Capot ouvert, il m'a été facile de constater que ce roulement bruyant n'était que celui de l'arbre de pompeà eau.
Il faut se rendre à l'évidence, la pompe à eau est en train de rendre l'âme et, pire, si l'arbre prend trop de jeu, c'est un truc à envoyer le ventilateur dans le faisceau du radiateur. Je me suis mis à la recherche de la pièce de remplacement. C'est là que j'ai apprécié le site "les -dafistes" où ma demande a été satisfaite dans les plus brefs délais. J'ai envoyé un chèque et j'ai reçu un petit colis contenant la précieuse pièce de rechange. Maintenant, "y a qu'à" ! Il faut déposer l'ancienne, nettoyer la portée du joint papier sur la culasse, remonter la nouvelle pompe. Comme c'est plus facile à dire qu'à faire, je vous détaille les opérations que j'ai effectué un lundi après-midi au soleil de l'Aveyron. J'ai commencé par vidanger le radiateur en récupérant le liquide.

Comme je ne suis pas enchanté à l'idée de déposer la calandre et le capot, je regarde d'un peu plus près si je peux m'en éviter. Il suffit de retirer la buse du ventilateur pour sortir le radiateur par le haut. Les 4 petites vis ne posent aucun problème, sauf qu'il y en a une qui m'échappe. Dans mon désir de faire vite, je n'a pas pris la peine de placer un carton ou une bâche sous la voiture. Je sais pourtant que c'est la première des précautions, je l'ai assez expérimenté en rallye à l'époque. Cette fichue vis, je la retrouverai à la fin des opérations, en avançant la DAF. Je fais attention à la fixation supérieure et je détache les durites côté moteur tout simplement parce que c'est plus commode, je n'ai pas de pont-élévateur à ma disposition, je me couche sur un carton !

Je déplace le radiateur et il sort facilement, me dégageant ainsi les fixations de la pompe à eau. Le ventilateur est solidaire de la poulie par 4 vis. Je suis étonné de la facilité avec laquelle les vis se desserrent. Je m'attendais à devoir forcer comme un âne, mais non, un effort normal suffit à les déposer. J'enlève la rondelle métallique, le ventilateur et sa poulie en tôle. Il ne me reste que les vis de la pompe. Ceux-ci viennent sans problème. Je remarque la logique du montage. Les 7 vis identiques du tour de pompe et les 2 vis différentes de l'intérieur dont la longueur ne demande aucun repère, la plus longue prend place sur le bossage du corps de pompe. Une seule résistance, le collier de la durite de chauffage qui est grippé par la corrosion. Je m'aperçois
que je n'ai plus de dégrippant ! ce qui est impardonnable quand on prétend restaurer une ancienne voiture ! Je remplace le dégrippant par un produit de protection qui a une très forte capacité de pénétration. Peu de temps après, le collier accepte de se desserrer et je débranche la durite. Un nettoyage de la portée du joint au papier de verre en prenant soin d'obstruer les passages d'eau avec un chiffon et le tour est joué. Le dafiste qui m'a expédié la pompe de remplacement a pris la peine de la nettoyer, donc c'est parfait. Le joint papier a une forme particulière et assez tarabiscotée. Une tentative en carton de boîte à chaussures me fat monter la transpiration. Je décide donc d'appliquer les nouvelles méthodes à la voiture ancienne. Le joint papier sera remplacé par un
joint chimique. La chimie industrielle propose aux mécaniciens diverses applications pour faciliter les réparations. Pour avoir un peu vécu dans le milieu du sport auto, je sais que ces nouveaux procédés rendent de sacrés services. Un ami m'a laissé quelques produits utilisés par les écuries de pointe, je vais pouvoir les utiliser. Cette pâte dorée conviendra parfaitement. J'enduis la portée du joint côté pompe, sans trop de produit pour éviter les débordements disgracieux. Je présente la pompe, tout va bien. Je continue la réparation par la pose des vis du corps. Pour faciliter le centrage, je les dispose opposés et je ne fais que les rapprocher, sans serrage à la clé. Les 7 petites vis pus les 2 autres amènent la pompe au contact de la culasse et je constate avec plaisir
que l'arbre tourne sans effort et sans frottement. Je procède au serrage comme si je serrais une culasse, en serrant de plus en plus. Je remonte ce que j'avais démonté ! Je remets en place la petite durite de chauffage, tant qu'aucun autre élément ne vient contrarier le boulon du collier. Au passage, je le positionne bien verticalement de peur que le ventilateur ne passe trop près. Ensuite c'est au tour du ventilateur en respectant la position de la rondelle métallique et en bloquant sérieusement les 4 vis qui le tiennent sur l'axe avec sa poulie. C'est mieux s'il reste en place, je ne tiens pas à le récupérer dans le faisceau du radiateur. Avant de remonter justement le radiateur, j'enfile la buse autour des pales du vantilo, après, ce serait impossible.
Aucun problème pour le remontage, sauf que, comme il me manque un petite vis, la plaque de protection de la dynamo attendra un peu. Les écrous de fixation retrouvent la place qui est la leur, les durites sont re branchées avec une vérification de la mise en place du thermostat. La courroie se retrouve dans les poulies et je règle sa tension par basculement de la dynamo. Le liquide de refroidissement est remis dans le circuit. Comme je n'avais pas vidangé le groupe, j'en ai perdu une petite quantité. Là aussi, je suis en rupture de stock ! Enfin arrive le moment tant attendu du démarrage du moteur. Un dernier coup d'oeil, tout semble OK, alors on y va. Le démarreur hésite, puis lance le 4 cylindres qui démarre illico. Aucun bruit suspect et je sors de la voiture pour
aller voir si rien ne coule. Pas de fuite. Je vais garer la DAF un peu plus loin et je laisse tourner au ralenti. Pas le moindre écoulement et le bruit antipathique a disparu. Je suis donc content de ma réparation. La voiture retrouve son emplacement et, par précaution, je place un carton sous le moteur, sait-on jamais. La voiture est garée sur des dalles calcaires et mon épouse n'apprécie que modérément les traces de fuites de mes voitures. Je dois dire que les marques de rouille ne s'estompent que difficilement en utilisant de l'acide chlorhydrique qui attaque sérieusement les pierres. Je m'en suis servi pour détartrer le circuit de la P60, avec succès pour la voiture, contrairement aux fameuses dalles !
Le mardi matin, lendemain de la réparation, vite, vite, je vais voir le carton. Et là, o rage, au désespoir ... une tâche de liquide en plein sous la pompe à eau. Capot ouvert, je constate que le collier qui a subi le traitement a bougé, laissant ainsi s'échapper le liquide de refroidissement. Comme j'ai un tournevis flexible, je peux le resserrer efficacement et remettre la durite contre le corps de pompe. Nouveau démarrage, nouvelle montée en température, puis je pars travailler en ayant arrêté le moteur et posé un autre carton sous la voiture. A mon retour 4 heures plus tard, je remarque avec joie qu'aucune trace de liquide ne vient le souiller. La réparation est enfin ben faite. Reste seulement à vérifer le démarreur ou la batterie.
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